Moonwalk : le pas de danse emblématique des années 80

la dance Moonwalk

Le moonwalk, ce pas de danse qui donne l’illusion de glisser en arrière reste l’un des mouvements les plus iconiques de l’histoire de la danse. Popularisé mondialement par Michael Jackson en 1983, il symbolise l’innovation, le funk et l’énergie des années 80. Bien plus qu’un simple gimmick, le moonwalk fusionne des influences du mime, du tap dance, du popping et de la street dance. Il a transcendé les générations, inspiré des millions de danseurs et continue d’émerveiller par sa fluidité apparente. Découvrons donc dans cet article son histoire fascinante, son apogée et comment le maîtriser.

Les origines du moonwalk


Le moonwalk existais bien avant les années 80. Des pas similaires remontent aux années 1930, notamment avec Cab Calloway, qui utilisait un mouvement appelé « The Buzz » dans ses performances jazz. En 1985, Calloway confirmait que ce pas était déjà pratiqué dans les années 30.


L’origine la plus directe provient de l’art du mime. Le mime français Étienne Decroux et Jean-Louis Barrault ont créé l’exercice « Marche sur place », immortalisé au cinéma dans Les Enfants du Paradis (1945), où Barrault mime une lutte contre le vent. Marcel Marceau, élève de Decroux, a popularisé ce geste dans sa routine célèbre « Walking Against the Wind » dès les années 1940-1980, en feignant d’être repoussé par des rafales.


En 1955, le danseur de claquettes Bill Bailey exécute un moonwalk lors d’une performance : il glisse en arrière vers les coulisses à la fin d’une routine tap. Des versions embryonnaires apparaissent aussi chez David Bowie dans les années 60-70, influencé par ses études de mime auprès d’Étienne Decroux et Lindsay Kemp (lui-même formé par Marceau). Michael Jackson assista à des shows de Bowie lors de la tournée Diamond Dogs en 1974 et nota ces mouvements étranges.


Dans les années 70-80, le pas évolue dans la street dance et le popping. Jeffrey Daniel (membre de Shalamar) le performe dès 1982 sur Top of the Pops et dans Soul Train, bien avant. Il enseigna le moonwalk à Michael Jackson après que ce dernier l’ait vu à Disneyland en 1980 et sur Soul Train. D’autres comme Casper et Cooley (inspirés des mimes Shields and Yarnell ou des Electric Boogaloos) revendiquent aussi une influence. Debbie Allen l’exécute en 1982 dans la série Fame.


Le moonwalk apparaît aussi dans Flashdance (1983), où un danseur mime le vent avec un parapluie. Le moonwalk moderne est donc le fruit d’une évolution de plus de 70 ans, mêlant mime, jazz, tap et funk street.

L’apogée du moonwalk dans les années 80

La performance de Jackson à Motown 25

Michael Jackson en veste rouge sur scène en pleine performance


Le 25 mars 1983, lors du spécial Motown 25: Yesterday, Today, Forever, Michael Jackson transforme le moonwalk en phénomène mondial. Vêtu d’un pantalon noir, chaussettes argentées, chemise scintillante, veste noire à sequins, gant unique et fedora, il interprète Billie Jean. Après un spin et une pose iconique, il glisse en arrière pendant le bridge : le public explose, ovation debout. Fred Astaire l’appelle ensuite pour le féliciter.


Jackson n’avait pas décidé la veille des moves exacts ; il laissa simplement la musique le guider. Bien que chorégraphié avec des pros, ce moment encapsule l’athlétisme de Jackie Wilson et le camel walk de James Brown. Le moonwalk dure à peine quelques secondes, mais il marque l’histoire : 47 millions de téléspectateurs, un choc culturel.

Après la performance de Jackson à Motown 25


Sorti fin 1982, Thriller domine déjà ; le clip Billie Jean sur MTV et Motown 25 créent un séisme. Pour la première fois à grande échelle, enfants et adultes de tous horizons veulent imiter un artiste afro-américain et acheter sa musique. Jackson brise les barrières raciales, élève le standard pour les artistes futurs et popularise le moonwalk comme signature de Billie Jean.


Il nomme son autobiographie Moonwalk (1988) et sort le film Moonwalker la même année (bien qu’il dise que les médias l’ont baptisé ainsi). Il perfectionne le pas en concerts avec plus de fluidité, bras balancés, tête et épaules poppées pour renforcer l’illusion.

Comment réaliser le moonwalk?

la danse Moonwalk


Le moonwalk est un pas difficile à exécuter car il nécessite de l’entraînement, de l’équilibre et de la précision. Il s’effectue sur un sol lisse, avec des chaussettes ou des chaussures à semelles très glissantes et des vêtements confortables. Bien sûr, cela demande de l’entraînement et vous devrez faire plusieurs essais avant d’y parvenir.

  1. Tenez-vous droit, pieds joints.
  2. Avancez le pied droit, jambe tendue, talon au sol, pied parallèle au corps.
  3. Pliez le genou gauche, soulevez le talon gauche.
  4. Poussez avec la pointe du pied gauche (pas la droite !) pour glisser le pied droit en arrière jusqu’à dépasser le talon gauche. Le mouvement doit sembler fluide, sans pousser avec la jambe qui glisse.
  5. Quand le pied droit passe le talon gauche, inversez : tendez la jambe gauche (talon au sol), pliez le genou droit, soulevez le talon droit.
  6. Glissez maintenant le pied gauche en arrière, en poussant avec la pointe du droit.
  7. Répétez en alternant, synchronisez la descente du talon avec le glissement opposé.

Astuces : Gardez la jambe qui glisse droite et le pied à plat (pas de flexion ni levée du talon). Le corps doit sembler flotter, sans à-coups. Michael ajoutait du mouvement aux bras (balancements opposés), pop de tête et épaules haussées pour plus de conviction.

Conclusion

Le moonwalk n’est pas seulement « le pas de Michael Jackson » : c’est l’héritage d’une évolution artistique riche, du mime français des années 40 au funk des rues des années 80. Michael l’a sublimé, popularisé et rendu éternel lors de ce fameux soir de 1983. Aujourd’hui encore, il inspire danseurs, artistes et fans du monde entier. Enfilez des chaussettes, testez-le : qui sait, vous pourriez marcher sur la Lune à votre tour !

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